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5 oct. 2012

D’après Israël Shamir, Tel Aviv recherche la somalisation de la Syrie

Désormais, nous relaierons régulièrement certains articles dont nous ne sommes pas les auteurs, spécialement lorsque ceux-ci contiennent des informations qui nous semblent pertinentes, et (quasiment) absentes des médias francophones. Le présent article, dont Israël Shamir est l’auteur, est paru en anglais le 30 juillet 2012 sur le site CounterPunch.

Israël conserve sa capacité à contrôler les rebelles islamistes syriens. Netanyahou n’est pas inquiet de la possible désintégration de la Syrie. Malgré l’opinion admise selon laquelle les Israéliens préfèrent un Assad stable et familier à la grande inconnue de la guérilla islamique, l’information nouvelle et sensationnelle que nous venons de recevoir souligne le contraire, à savoir que les Israéliens préfèrent la somalisation de la Syrie, son éclatement et l’élimination de son armée, car cela leur permettra de s’attaquer à l’Iran sans obstacle.

C’est ce qu’implique un dossier secret récemment divulgué par une personne(s) proche du ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. Il contient un enregistrement des conversations entre Bibi Netanyahou, Avigdor Lieberman et le président russe Vladimir Poutine lors de la visite récente de ce dernier en Israël. Les Israéliens ne semblent pas avoir de doutes sur son authenticité. Counterpunch a reçu le fichier d’origine, et voici les faits saillants de cette conversation (dans notre traduction de l’hébreu):

Netanyahou a demandé à Poutine de faciliter le départ de Bachar Al-Assad.

« Vous pouvez désigner son successeur, et nous ne nous y opposerons pas, a déclaré le Premier ministre israélien. Mais Il y a une condition – le successeur doit rompre avec l’Iran ».

Poutine a répondu : « nous n’avons pas de candidat pour succéder à Bachar. Et vous ? »

« Non, nous n’en avons pas, a répondu M. Netanyahou, mais nous allons vous dire notre préférence bientôt. »

Apparemment, Israël peut influer sur les rebelles, dans la mesure où il  suppute qu’ils choisiraient  d’accepter un successeur acceptable pour Tel-Aviv. Cela signifie que la chaîne du commandement des rebelles va bien au-delà des chefs de troupe indisciplinés sur le terrain, au-delà du Qatar et l’Arabie saoudite, au-delà de Paris et Washington, et débouche tout droit sur Israël. Il est bien connu que les rebelles cherchent l’amitié avec Israël, mais personne ne pensait qu‘Israël était en mesure de les contrôler dans une telle mesure.

Il va de soi que Netanyahou avait reçu le feu vert de Washington pour faire une telle offre. Cela signifie que pour les États-Unis et Israël, cela ne dérange pas que la Syrie reste dans la sphère d’influence russe, à condition qu’elle coupe ses liens avec l’Iran. Et c’est cela qui indique qu’Israël est la force motrice derrière les rebelles, car autrement, un tel arrangement serait inacceptable pour les Américains.

Cependant, il est possible que l’offre de Netanyahou ait été une simple ruse pour découvrir les intentions russes. En tout cas, c’est ce qu’a pensé Poutine, et il a répondu dans la même veine :

« Nous ne devons rien à Assad, » a déclaré M. Poutine. « Avant la rébellion, il était un visiteur fréquent à Paris plutôt qu’à Moscou. Nous n’avons pas de programme secret en ce qui concerne la Syrie. J’ai demandé au président Obama quelles sont les intentions des États-Unis en Syrie ; pourquoi les Américains rejettent Assad. Est-ce à cause de son incapacité à se réconcilier avec Israël ? Ou à cause de ses liens avec l’Iran ? En raison de sa position sur le Liban ? Je n’ai reçu aucune réponse sérieuse. Notre motivation, a dit Obama, c’est la répression violente d’Assad contre le peuple syrien. Je lui ai répondu que la violence est causée par le Qatar et l’Arabie, par leurs interférences. »

On comprend que Poutine est perplexe : s’il lui a été offert de garder la Syrie dans la sphère russe, pourquoi les USA s’en prennent-ils au gouvernement syrien ? Peut-être, les États-Unis relayent-ils simplement les instructions d’Israël ? Et quelles sont les intentions d’Israël ?

« L’objectif d’Israël est la somalisation de la Syrie, à la suite de la somalisation de l’Irak, » a déclaré M. Poutine, et Netanyahou n’a pas rejeté son interprétation.

Ces mots durs de Poutine répondent à la question des intentions américaines et israéliennes. Telle était la position de Yinon, stratège israélien et des néo-conservateurs : la somalisation de la région. Les dirigeants israéliens obéissent encore à leur stratégie à cout terme de déclencher la guerre civile en Syrie, en supprimant Assad, et en plongeant la Syrie dans un bourbier de groupes armés qui ne constitueraient pas un obstacle pour les avions israéliens cherchant à atteindre l’Iran. C’est un jeu risqué, comme il était risqué d’attaquer le Liban en 2006, mais Israël a un  complexe militaire tellement puissant qu’il a besoin de prendre des risques, qui seraient inutiles autrement.

Le dossier de la conversation Poutine-Netanyahou contient deux importantes concessions russes envers Israël : Poutine a promis de rompre le contrat sur l’offre de systèmes S-300 de missiles anti-aériens à Damas (et il l’a fait) et d’arrêter les fuites d’informations de missiles utiles au Hezbollah.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a profité de la réunion pour se plaindre de la chaîne audacieuse Russia Today :

« Le bureau israélien de RT se répand en propagande anti-israélienne. Ils ont diffusé des entretiens avec Hassan Nasrallah [probablement une référence à l'entrevue que celui-ci a accordée à Julian Assange]. Nous avons parlé à des journalistes RT privé, mais ils ne bougeront pas, arguant en cela des instructions de Moscou. Vladimir Vladimirovitch [Poutine], s’il vous plaît, penchez-vous sur la politique éditoriale de RT de sorte qu’elle devienne objective envers d’Israël…. »

Cette plainte s’inscrit bien dans la pratique israélienne de faire pression sur les médias étrangers. Récemment, l’ambassadeur israélien à Washington a tenté d’interférer avec CBS et de censurer Bob Simon au sujet de son reportage sur ​​les chrétiens palestiniens, causant beaucoup de ressentiment aux  États-Unis. Les Israéliens ne peuvent toujours pas s’habituer à l’existence d’une presse relativement libre.

La principale conclusion des échanges qui ont fuité, c’est que les dirigeants israéliens continuent d’aimer vivre dangereusement. Alors que certains autres pays, notamment la Russie, sont à la recherche de la stabilité, les Israéliens aiment le jeu, et le jeu pour le pouvoir. Qui ne risque rien n’a rien, disent-ils. Ils sont prêts à accepter des risques à court terme pour des gains à long terme. Et l’élimination de l’armée syrienne est certainement un gain à long terme pour Israël.

Israël Shamir est correspondant de CounterPunch à Moscou

4 oct. 2012

Eric Hazan pour un Etat unique en Israël-Palestine

Eric Hazan présentait son livre (co-écrit avec Elya Sivan) « Un État commun entre le Jourdain et la mer » à la librairie Tropiques. A la suite de la conférence, nous lui avons posé quelques questions sur cette problématique pouvant ouvrir des perspectives de paix justes et durables dans la région.

Un livre, accompagné d’un film qui explore des voies peu évoquées dans le débat public traditionnel lorsque le conflit israélo-palestinien est traité. Arrivera-t-il à relancer le dialogue sur le sujet en France ?

23 mars 2012

Le mythe de « la menace iranienne », par Yakov Rabkin

Yakov Rabkin est Professeur d'Histoire à l'Université de Montréal. Il est l'auteur du livre « Au nom de la Torah : Une histoire de l'opposition juive au sionisme », sorti en 2004. Il également l'auteur d'un article publié en 2008 dans la Revue Internationale et Stratégique, dans lequel il analyse le rôle moteur de certains lobbys sionistes dans la diabolisation du président Iranien, Mahmoud Ahmadinejad.

Dans le contexte des élections présidentielles françaises de 2012, certains candidats (Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, ...) reprennent à leur compte le mensonge selon lequel le président iranien aurait déclaré qu'il souhaitait rayer Israël de la carte.


Black Marianne : De nombreux analystes estiment une attaque de pays occidentaux contre l'Iran « imminente », beaucoup parlent du dernier trimestre 2012 comme probable fenêtre temporelle de lancement de ce conflit. Estimez-vous ce conflit inéluctable ? Craignez-vous qu'il se transforme en guerre mondiale ?

Yakov Rabkin : Le consensus en matière de politique étrangère semble très solide en France. Ce consensus concerne avant tout les actions occidentales dans les pays non occidentaux : la Libye, la Syrie, l’Iran. Les élites politiques gardent toujours en mémoire la « mission civilisatrice de la France » en Afrique et en Asie. Elles ont accepté que le principe d’égalité s’applique aux peuples moins blancs seulement après le retrait de l’Algérie. Cette acceptation faisait partie de la vague de décolonisation, créée et soutenue largement par l’URSS dans le contexte de la Guerre froide. Depuis une vingtaine d’années, la légitimité grandissante du racisme facilite le retour à la discrimination raciale à l’intérieur (d’où l’essor de l’extrême droite) et à des interventions militaires du type néocolonial à l’extérieur.

L’État d’Israël en donne l’exemple en agissant d’une façon résolue et avec impunité comme « le rempart de la civilisation occidentale » au Moyen Orient. Beaucoup de Français s’inspirent de cet exemple, acceptent le mythe de « la menace iranienne » fabriqué par les élites sionistes afin de non seulement consolider la société autour de la droite nationaliste mais également faire disparaître la tragédie palestinienne de l’opinion publique. Cette politique met en relief le refus d’appliquer le principe d’égalité à la République islamique. Ce qui est permis à Israël, notamment de disposer d'armes nucléaires sans aucun contrôle international, ne pourrait, dans cette logique coloniale, s’appliquer à un autre pays de la région. C’est ce mélange d’impunité et d’arrogance qu’admirent les élites politiques en France.

Je suis historien plutôt que prophète. Je sais qu’aucun conflit n’est inéluctable : il est du ressort de la volonté humaine. Une attaque contre l’Iran risque d’étendre considérablement la zone du conflit. Pourtant je n’y vois pas le spectre d’une guerre mondiale car les armes nucléaires que possèdent les adversaires potentiels (les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine, l’Inde et le Pakistan) tendent à restreindre leur comportement.


Propos recueillis le 20 mars 2012 par Raphaël Berland

25 janv. 2012

La 3ème Guerre Mondiale commencera-t-elle en Iran ?

Cet article fait suite à celui que j'ai publié il y a 1 an et 4 mois. Dans ce laps de temps, la guerre psychologique s'est poursuivie, et la pression "internationale" sur l'Iran est encore montée d'un cran. Sommes-nous au bord d'une effroyable troisième guerre mondiale ?

Précisons d'emblée que le programme nucléaire militaire iranien, supposé ou réel, n'est qu'un prétexte agité par l'occident, pour justifier la volonté de 2 pays (Israël et les États-Unis) d'attaquer l'Iran. Ceci ne date pas d'hier, puisque le général américain Wesley Clark découvrit en 2001 que le gouvernement américain prévoyait déjà d'attaquer l'Iran :


Dans mon précédent article, je démontre le refus d'Israël de voir l'Iran se doter de l'arme atomique. L'état Hébreux est clairement prêt à opérer des frappes aériennes sur les sites nucléaires iraniens. Dans ce contexte, il est intéressant d'écouter le rabbin Rav Ron Chaya, sur l'apocalypse à venir :


Outre le début de la vidéo, qui délivre des informations très intéressantes à propos de la crise monétaire, voici ce que le rabbin Rav Ron Chaya explique pour les temps (très proches) à venir :

"C'est ce que disent les gens qui comprennent. On est au bord de la grande catastrophe [...]. Imagine simplement cela :
- Imagine qu'Israël déclare la guerre à l'Iran - ça va arriver d'un jour à l'autre, on sait pas quand -. Dès que ça arrive, le baril de pétrole, il double, ou il triple. L'économie mondiale est "par terre" [...]
- Si l'euro s'écroule, que se passe-t-il ?
- Si le Dollar s'écroule, que se passe-t-il ?
- Et si les 3 se passent à la fois ? ...
[...]"


L'Iran nucléaire : une menace ?
Est-ce un danger si l'Iran se dote de l'arme nucléaire ? Pour évaluer cela, précisons d'emblée que le président iranien Ahmadinejad n'a jamais déclaré qu'il voulait "rayer Israël de la carte". Il convient également de rappeler que l'Iran n'est pas une puissance spécialement belliqueuse dans la région : ce pays n'a pas agressé de pays voisin depuis plus de 200 ans. Les experts géopolitiques s'accordent pour dire que si l'Iran souhaite se doter de l'arme atomique, c'est avant tout pour sanctuariser son territoire.

Israël possède le feu nucléaire (300 missiles, peut-être beaucoup plus, selon les experts), ne l'a jamais admis publiquement (sans le nier pour autant), et n'est pas membre de l'AIEA, contrairement à l'Iran. Or c'est précisément en se basant sur les inspections et les rapports de l'Agence Internationale pour l'Énergie Atomique que l'ONU et la Ligue Arabe, poussés par Israël et les États-Unis, mettent la pression sur l'Iran. Je remarque que la "communauté internationale" demande à l'Iran ce qu'elle ne demande pas à Israël. Cela illustre le fameux "deux poids, deux mesures" si caractéristique de la diplomatie occidentale.

Concernant l'éventuelle légitimité d'une attaque contre l'Iran, nous sommes confrontés à une escroquerie malheureusement classique. L'occident accuse un pays de détenir une arme (mais que l'occident détient aussi !). Pour l'Irak, il s'agissait d'armes de destruction massive, pour l'Iran il s'agit d'armes nucléaires. Devant l'absence de "preuve" ou de "coopération" de la part des pays accusés, les pays occidentaux attaquent. Ils auront beau jeu de découvrir après-coup qu'il n'y avait aucune menace réelle. En fait, personne ne peut prouver qu'il ne possède pas une arme. En droit, ce n'est pas à l'accusé de prouver qu'il est innocent, c'est à l'accusation de produire des preuves de la supposée culpabilité. En l'occurrence, les pays occidents opèrent une répugnante inversion des rôles, pour justifier leur agression militaire programmée.


Deux camps se forment
Malgré toutes ces considérations, la menace d'un attaque menée par l'OTAN contre l'Iran est bien réelle. Voici les dernières nouvelles du front qui est en train de se former, grâce à un article publié le 8 novembre 2011 sur le site (controversé) Wikistrike :

Un rapport pour abonnés de DebkaFile, l’organe du renseignement israélien qui a souvent été correcte dans le passé, révèle que peu de temps après la fin des opérations de l’OTAN en Libye en début de semaine : “Le président Obama a contacté les alliés de confiance des Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, Israël et l’Arabie Saoudite avec une notification de plan d’attaque de l’Iran pas plus tard que Septembre-Octobre 2012, sauf si Téhéran arrête ses programmes d’armement nucléaire.”
D’après le rapport, la fenêtre d’opportunité pour une attaque avant que l’Iran ne transfère le gros de ses opérations nucléaires sous-terre, s’évapore rapidement.

Après la courte guerre en Libye, on pourrait penser que le conflit à venir restera local. Ce serait une erreur, car la Chine a dors-et-déjà fait savoir qu'elle soutiendraient l'Iran. Selon les déclarations du général chinois Zhozhong Zhang (1er décembre 2011), la Chine n'hésitera pas à protéger l'Iran, même au risque de provoquer une 3ème Guerre Mondiale :


Dans ce contexte tendu, le président chinois, Hu Jintao, a demande à la marine d'être prête au combat (LeMonde.fr, 6 décembre 2011). Les deux camps se dessinent clairement : d'un côté Israël, les États-Unis, les autres pays de l'OTAN, l'Arabie Saoudite, ... et de l'autre l'Iran, la Syrie et la Chine. On peut craindre que l'Inde et le Pakistan rejoignent respectivement les deux camps.

Quant à la Russie, va-t-elle rejoindre le camps occidental ? Non, d'après le blog Minuit Moins Une : les analystes n’excluent pas la participation militaire de la Russie au conflit en Iran. "Dans le pire cas de figure, si Téhéran était menacé par une défaite militaire totale en résistant à l’invasion des forces des Etats-Unis et de l’Otan, la Russie lui apporterait son aide militaire. Du moins, technique", prédit le colonel Vladimir Popov, expert militaire.

L'Europe n'est pas en reste, puisque les pays européens menacent de mettre en place un embargo sur le pétrole iranien à partir du 30 janvier prochain ; ce à quoi l'Iran a répondu par la menace de fermer le détroit d'Ormuz, par lequel transite 30% à 40% du trafic maritime pétrolier mondial.

Pendant ce temps, Mediapart nous informe que l'occident poursuite le déploiement de ses forces dans la région : l’USS Abraham-Lincoln, porte-avions des Etats-Unis, un croiseur lance-missile, l’USS Cape Saint George et deux destroyers, mais aussi une frégate britannique, le HMS Argyll, et un navire militaire français ont traversé sans encombre le détroit d’Ormuz, dimanche 22 janvier, pour se positionner dans le golfe Persique.


La guerre de l'ombre

A ce constat effroyable vient s'ajouter que les pays occidentaux mènent contre l'Iran une véritable guerre de l'ombre, depuis un certain temps déjà. Ainsi, le 5 décembre 2011, le journal Le Monde rapporte une explosion en Iran, événement dans lequel les États-Unis et Israël seraient impliqués :

De nombreux anciens agents des services secrets et experts américains estiment que l'explosion en novembre d'un dépôt d'armes sur une base militaire près de Téhéran est due à une opération menée par les États-Unis et Israël contre le programme nucléaire iranien, selon le Los Angeles Times.

Le 12 novembre, cette énorme explosion sur une base des Gardiens de la révolution, a rasé la plupart des bâtiments et tué trente-six personnes, dont le général Hassan Moghadam, responsable des programmes d'armement de ce corps d'élite du régime et fondateur de leurs forces balistiques.

Plus récemment, Ahmadi Roshan, scientifique iranien qui travaillait sur le site d'enrichissement de Natanz, est tué dans un attentat mercredi 11 janvier 2012, par l'explosion d'une bombe dans sa voiture, près de l'université Allameh Tabatabai, à l'est de Téhéran.

Quelle hypocrisie ! Le champion de la guerre contre le terrorisme, les Etats-Unis, impliqués dans des attentats ? Ils pratiqueraient, avec Israël, un véritable terrorisme d'État ?


L'affaire du drone

Rappelons qu'avant toute guerre moderne, il est d'usage d'envoyer quelques satellite espions en orbite géostationnaire au dessus du pays ciblé, ainsi que quelques drones espions.

Un tel drone, américain et de modèle RQ10 S/T pour être précis, a été capturé par l'Iran en décembre 2011 dans l'espace aérien iranien. Éhonté, le gouvernement américain a immédiatement réclamé la restitution de l'appareil. L'Iran est d'accord pour rendre le drone à son propriétaire, mais réclame avant toute choses des excuses de la part de Washington.

Malgré tous ces événements, les iraniens gardent le sens de l'humour. En effet, ils ont fabriqué une réplique du drone en plastique, une sorte de jouet pour enfants, et projettent même d'en envoyer un exemplaire rose au président Obama...


Israël
Je terminerais cet article en indiquant que finalement, et contrairement aux apparences, Israël pourrait bien rester neutre dans ce conflit à venir, et ne s'engager aux côtés des Etats-Unis qu'en dernier ressort. Cela, je l'ai envisagé en écoutant (à nouveau) l'inénarrable Rav Ron Chaya, à travers cette vidéo qui date de 1988 et dans laquelle il relate l'allégorie eschatologique du combat des coqs :


16 oct. 2010

Pour en finir avec la diabolisation de l'Iran et de son président

Je vous livre ici quelques extraits choisis d'un article paru dans La Revue Internationale et Stratégique n°70 (Eté 2008), écrit par Yakov M. Rabkin, professeur d'histoire à l'Université de Montréal.





La campagne contre l'Iran : le lobby sioniste et l'opinion juive

Deux accusation dominent dans le discours occidental sur l'Iran depuis quelques années. On accuse le président Mahmoud Ahmadinejad de nier la Shoah et de vouloir rayer de la carte l'État d'Israël. [...]

Cet article se propose de retracer les origines de ces accusations. [...] Les pressions auxquelles est soumis l'Iran se fondent largement sur les préoccupations affichées par le gouvernement américain concernant la sécurité d'Israël. Les deux accusations reflètent l'amalgame assez courant entre l'État d'Israël, d'une part, et les juifs, d'autre part, ainsi qu'entre l'antisémitisme et l'antisionisme. [...]

Les médias occidentaux, dont Le Monde daté du 27 octobre 2005, annoncent que le président iranien a déclaré qu' « Israël doit être rayé de la carte ». Or, les experts s'entendent pour dire que le président iranien, lors de son discours, n'a prononcé ni le mot « rayer », ni le mot « carte ». Il a plutôt repris l'une des déclarations de l'ayatollah Khomeyni : « Esrâ'il bâyad az sahneyeh roozégâr mahv shavad », ce qui signifie « Israël doit disparaître de la page du temps ». Nous avons puisé cette phrase dans un site Internet de l'opposition iranienne à l'étranger qu'on ne peut pas soupçonner de vouloir enjoliver les paroles du président. [...]

Pourtant, selon les propos du ministre des Affaires étrangères iranien, M. Manouchehr Mouttaki (tels que le rapporte un autre site de l'opposition au régime actuel en Iran), son pays « ne projette de détruire aucune nation, ni aucun pays ». Il ajoute que « tout enfant allant à l'école sait qu'il est impossible de rayer un pays de la carte ». L'agence de presse iranienne officielle IRNA indique que M. Ahmadinejad « a appelé à la nécessité de résoudre les problème mondiaux, notamment le problème palestinien, au moyen du dialogue ». Sur les ondes du réseau ABC News, il appelle à résoudre la situation en Palestine en conformité avec la charte des Nations Unies et à laisser aux Palestiniens le droit de décider de leur avenir en proposant de tenir « un référendum basé sur le droit international, auquel participeraient tous les Palestiniens, musulmans et juifs ». Dans la même interview, Ahmadinejad réitère son affirmation selon laquelle « nous nous efforçons d'éviter tout conflit ou effusion de sang. Étant opposé aux conflits de toute nature, nous avons souvent répété que l'on peut résoudre les problèmes du monde par le recours au dialogue, à la logique et à l'amitié. Il n'y a nul besoin d'utiliser la force. »

Curieusement, alors que certaines positions de M. Ahmadinejad font la une des quotidiens, on accorde peu d'attentions aux propos de l'ayatollah Khamenei, qui détient le véritable pouvoir en Iran et qui a déclaré que son pays appelait à la normalisation des relations avec Israël si celui-ci acceptait la proposition dite des deux États formulés par la Ligue arabe en 2002, puis de nouveau en 2007.

Par ailleurs, la fameuse phrase prononcée par M. Ahmadinejad s'inscrit dans une série de comparaisons historiques. Selon l'Associated Press, le président iranien a déclaré également : « Le régime sioniste sera bientôt effacé, de la même façon que l'a été l'Union Soviétique, et l'humanité sera libre. » En réalité, il s'attend à ce qu'Israël se désagrège pacifiquement, sous le poids de ses contradictions internes, comme cela a été le cas de l'URSS, dont le déclin a été pacifique. Comme la disparition de l'Union soviétique n'est pas attribuable à l'utilisation de l'arme nucléaire, le président iranien ne propose pas d'utiliser la force armée pour précipiter la fin de l'État d'Israël. De toute façon, cela ne serait guère sérieux, car on estime qu'Israël bénéficie d'une supériorité militaire incontestable dans la région. M. Ahmadinejad prévoit que, de même que le communisme a perdu sa légitimité et s'est évanoui, le sionisme disparaîtra un jour. Dans le même discours, il mentionne d'autres phénomènes historiques, comme la chute du régime du Shah, ou encore la disparition des pharaons d'Égypte, marquant la fin de régimes qui apparaissaient alors comme invincibles et éternels. Si le communisme en URSS et le régime du Shah ont disparu sans que la Russie et l'Iran aient été rayés de la face de la Terre, argue M. Ahmadinejad, il en ira de même du sionisme : sa disparition n'est pas synonyme de la destruction de l'État d'Israël ni du peuple juif. [...]

Même quand les militants sionistes de la campagne contre l'Iran ont abandonné l'allégation basée sur la fausse traduction et décriée par l'ambassadeur iranien aux Nations Unies sur les ondes de CNN, presque tous les membres du Congrès des États-Unis (411 en tout) ont condamné le président iranien pour « avoir voulu inciter au massacre massif des juifs d'Israël ». Le démocrate Steve Rothman maintenait, à l'été 2007, que l'Iran avait menacé « de rayer Israël de la carte ». Shimon Peres, actuel président de l'État d'Israël et lauréat du prix Nobel pour la paix, avertissait que « l'Iran aussi pourrait être rayé de la carte ».

[...] La dernière attaque de l'Iran contre un autre pays remontre à plus de trois siècles. [...]

Le lobby israélien a joué un rôle important dans la campagne de propagande contre l'Iran. Lors du congrès qui s'est tenu au printemps 2006, l'AIPAC (American Israel Public Affairs Commitee) fait de l'Iran sa cible principale et présente sur écran géant un montage juxtaposant Hitler dénonçant les juifs et le président iranien menaçant de « rayer Israël de la carte ». Le spectacle se termine par un fondu sur la maxime énoncée après la Shoah « Never again ! » (Plus jamais ça !). Au fil des mois, ces images sont devenues courantes.

Le JCPA fait la promotion de la campagne contre l'Iran à partir d'Israël et des États-Unis. En décembre 2006, il organise une conférence de presse dans laquelle on propose d'inculper le président iranien pour avoir menacé de commettre un massacre. Deux avocats, l'Américain Alain Derschowitz et le Canadien Irwin Ctoler, connus les pour les liens qu'ils entretiennent avec la droite israélienne, sont présent et soutiennent l'inculpation. Plus tard, Cotler a renforcé l'accusation en recourant à l'association B'nai B'rith Canada ; celle-ci a exigé que le Canada et d'autres gouvernements intentent une poursuite contre l'Iran pour avoir violé la convention des Nations Unies sur le génocide.

Mais c'est l'Israel Project, groupe appartenant au lobby israélien et ayant son siège au Hudson Institute à Washington, qui met au point la manœuvre la plus impressionnante pour intensifier la campagne contre l'Iran. En mars 2007, le groupe a distribué un kit de presse sur l'Iran à plus de 17 000 journalistes professionnels et à 40 000 militants pro-israéliens aux États-Unis. En outre, le bureau d'Israel Project à Jérusalem a distribué la trousse à plus de 400 journalistes étrangers accrédités en Israël. Ce dossier de presse réaffirme que le président iranien « nie la Shoah » et « veut rayer Israël de la carte ». [...]



Ajout du 24 février 2011 : une vidéo faite par Égalité et Réconciliation, montrant la reprise de la fameuse phrase "rayer Israël de la carte" dans nos médias.




Enfin, je vous recommande cette excellente interview de Thierry Meyssan sur la Révolution islamique d'Iran.


19 sept. 2010

2012 : la prochaine guerre mondiale débutera-t-elle en Iran ?

L'Iran est régulièrement diabolisé ces derniers temps, dans les médias occidentaux. Dernière offensive en date : la pétition "pour" Sakineh...

Quand les médias occidentaux diabolisent, les bruits de bottes ne sont jamais bien loin. Ben Laden et le Mollah Omar ont servis d'épouvantails pour justifier l'invasion de l'Afghanistan. Sadam Hussein et ses armes de destruction massive ont joué le même rôle pour l'invasion de l'Irak.

Ces dernières années, les médias occidentaux ont présenté le président iranien Mahmoud Ahmadinejad comme quelqu'un d'antisémite. Ils répètent régulièrement que ce dernier souhaite rayer Israël de la carte (je reviendrai sur cette accusation mensongère). Le message sous-jacent est qu'il faut absolument empêcher l'Iran d'accéder au nucléaire, s'il le faut en employant la force armée.

Nos dirigeants m'inquiètent de plus en plus, car ils entrainent nos "démocraties" dans des conflits de plus en plus dangereux pour la stabilité régionale, et la paix mondiale... Pour quel bénéfice ???





Ce documentaire (Le Dessous des Cartes : "bombarder l'Iran ?", sur Arte), très bien réalisé, met en relief l'ambition d'Israël dans la région, et projette le spectre d'une guerre régionale pouvant dégénérer en un conflit mondial et/ou nucléaire...

Dans la seconde vidéo, un reportage Argentin nous renseigne sur les actuels mouvements de troupes autour de l'Iran. Puis Fidel Castro mets en garde ses ambassadeurs sur la menace d'une 3ème guerre mondiale, possible conflit nucléaire.


Fidel Castro et la troisième guerre mondiale nucléaire
envoyé par wesh. - L'info video en direct.


Enfin, dans un article publié récemment sur le site du Monde.fr, on apprend que les USA ont signé le plus gros contrat d'armement de l'histoire avec l'Arabie Saoudite, leurs plus anciens alliés dans la région (60 milliards de dollars).

3 juin 2010

Israël et la propagande

Et ça continue... Israël essaie de nous faire croire que la flottille internationale était en fait composée de dangereux terroristes ; elle a publié des photos montrant des armes blanches, gilets pares-balles, lacrymos, soit disant saisies à bord...

Sauf que la majorité de ces photos ne datent pas de 2010 :

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-preuves-truquees-d-israel-75854


Bien entendu, la propagande est loin d'être utilisée seulement par Israël. A ce sujet, je vous recommande le n°78 de la Revenue Internationale et Stratégique, dont le dossier principal (les médias peuvent-ils changer la politique internationale ?) est éclairant, en particulier l'article « Etats-Unis, Israël, Chine : quand la désinformation se mondialise »

Sur le terme même « propagande », voici une vidéo dans laquelle témoigne Edward Bernays, neveu de Freud, qui a transformé la propagande (trop connotée négativement selon lui) en « Relations Publiques » après la deuxième guerre mondiale. C'est sûr que ça fait plus « clean »...



Propaganda- Edward Bernays_1/2
envoyé par tchels0o. - Regardez les vidéos des stars du web.

Israël contre le monde

Capture d'image de la télévision turque
J'étais, comme beaucoup, choqué lundi dernier par l'autisme de l'état d'Israël, qui n'a pas hésité une seule seconde à utiliser la force pour stopper en mer (dans les eaux internationales !!) un convoi humanitaire à destination de Gaza. Bilan : 9 morts et des dizaines de blessés.

Zoabi, député arabe israélienne

Aujourd'hui, au parlement israélien (la Knesset), une député arabe israélienne présente sur l'un des bateaux s'est faite prendre à partie par une député de droite : « Va à Gaza, espèce de traître ».

« Je n'ai pas l'intention de museler la liberté d'expression, mais il ne s'agit pas ici de liberté d'expression : la flottille pour Gaza était une flottille terroriste, et la députée Zoabi doit être punie. Nous n'avons pas besoin de chevaux de Troie à la Knesset ».

Je ferais juste une remarque : peu après 15 heures ce mercredi, un porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne a annoncé que tous les détenus de la flottille internationale pour Gaza avaient été libérés et devraient regagner leur pays d'origine dans la soirée.

Ils sont finalement très très indulgents avec la flottille "terroriste"...

Ah, propagande, quand tu nous tiens !!!

Au fait, justement, qu'est-ce que le terrorisme... d'état ? Simplement l'emploi de la force armée contre des civils, et c'est précisément ce que vient de faire Israël. Qui plus est dans les eaux internationales, on peut donc parler de piraterie.

N'oublions pas qu'il y a eu des morts, et qu'Israël essaie de retourner la situation à son avantage par la rhétorique pure.

N'oublions pas que ce genre d'incident grave a souvent provoqué des guerres, parfois mondiales.