25 mars 2010

J'accepte

Le texte que je reproduis ici a été lu à la radio le 11 Septembre 2003 par un anonyme.




(Le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'accord tacite d'une sorte de contrat passé avec chacun d'entre nous dont voici, dans les grandes lignes, le contenu)

Voici le contrat reconductible par tacite reconduction que vous signez chaque matin en vous réveillant simplement et ne faisant rien

Mes chers amis,

Le 11 septembre marque le triste anniversaire d'une catastrophe hautement symbolique pour l'humanité.
Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'accord tacite d'une sorte de contrat passé avec chacun d'entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu :

1) J'accepte la compétition comme base de notre système, même si j'ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l'immense majorité des perdants,

2) J'accepte d'être humilié ou exploité a condition qu'on me permette a mon tour d'humilier ou d'exploiter quelqu'un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale,

3) J'accepte l'exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que le prise en charge de la société a ses limites,

4) J'accepte de rémunérer les banques pour qu'elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu'elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j'accepte implicitement). J'accepte aussi qu'elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l'argent qui n'est autre que celui des autres clients,

5) J'accepte que l'on congèle et que l'on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s'écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année,

6) J'accepte qu'il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu'on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les états,

7) J'accepte que l'on fasse la guerre pour faire régner la paix. J'accepte qu'au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J'accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d'armes et faire tourner l'économie mondiale,

8) J'accepte l'hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu'il s'agisse d'une énergie coûteuse et polluante, et je suis d'accord pour empêcher toute tentative de substitution, s'il s'avérait que l'on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l'énergie, ce qui serait notre perte,

9) J'accepte que l'on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu'il s'agit d'un ennemi et nous encouragent à le tuer,

10) J'accepte que l'on divise l'opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l'impression de faire avancer le système. j'accepte d'ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu'elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux,

11) J'accepte que le pouvoir de façonner l'opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd'hui aux mains d'affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu'ils en feront,

12) J'accepte l'idée que le bonheur se résume au confort, l'amour au sexe, et la liberté à l'assouvissement de tous les désirs, car c'est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie,

13) J'accepte que la valeur d'une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu'on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu'on l'exclue du système si elle n'est plus assez productive,

14) J'accepte que l'on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l'éducation et de la santé des générations futures,

15) J'accepte que l'on mette au banc de la société les personnes âgées dont l'expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l'univers) nous savons que l'expérience ne se partage ni ne se transmet,

16) J'accepte que l'on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j'ai de la chance de vivre en occident. je sais qu'entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous,

17) J'accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l'avenir de la vie et de la planète,

18) J'accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu'on me le signale explicitement. J'accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l'agroalimentaire de breveter le vivant, d'engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l'agriculture mondiale,

19) J'accepte que les banques internationales prêtent de l'argent aux pays souhaitant s'armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu'il vaut mieux financer les deux bords afin d'être sûr de gagner de l'argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s'ils ne peuvent pas rembourser les emprunts,

20) J'accepte que les multinationales s'abstiennent d'appliquer les progrès sociaux de l'occident dans les pays défavorisés. Considérant que c'est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu'on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l'homme et du citoyen, nous n'avons pas le droit de faire de l'ingérence,

21) J'accepte que les hommes politiques puissent être d'une honneteté douteuse et parfois même corrompus. je pense d'ailleurs que c'est normal au vu des fortes pressions qu'ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise,

22) J'accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l'agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident,

23) J'accepte que le reste de la planète, c'est-à-dire quatre milliards d'individus, puisse penser différemment à condition qu'il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d'expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives,

24) J'accepte l'idée qu'il n'existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d'une conscience et d'un langage, ce n'est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte,

25) J'accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu'aujourd'hui tout ceci n'existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l'entendons sans cesse dans nos discours politiques,

26) J'accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l'explication du mystère de nos origines. Et j'accepte que la nature ait pu mettre des millions d'années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants,

27) J'accepte la recherche du profit comme but suprême de l'Humanité, et l'accumulation des richesses comme l'accomplissement de la vie humaine,

28) J'accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J'accepte l'augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d'éléments radioactifs dans la nature. J'accepte l'utilisation de toutes sortes d'additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c'est qu'ils sont utiles et sans danger,

29) J'accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu'elle nous mène vers une catastrophe sans précédent,

30) j'accepte cette situation, et j'admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l'améliorer,

31) J'accepte d'être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux,

32) J'accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J'accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez,

33) J'accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m'empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.

Homo Sapiens Universalis

Jusqu'à présent, nous nous définissions comme des HOMO SAPIENS SAPIENS, car chacun d'entre nous avait la conscience de sa propre existence (sous-entendu parmi les siens, sa famille, sa tribu, voire même sa nation).

Il me semble que l'humanité est en train de passer à un nouveau stade, celui de l'HOMO SAPIENS UNIVERSALIS. De la conscience du « Je », nous sommes parvenus à la conscience du « Nous », au sens large : Nous les Êtres Humains, et même Nous les Êtres Vivants (sur Terre, et jusque dans l'Univers).

Ce qui, hier encore, n'était réservé qu'à quelques êtres d'exception, est aujourd'hui à la portée de tous, car nous sommes entrés dans l'Apocalypse, l'ère du Verseau, c'est-à-dire l'ère des révélations.




Aymeric Chauprade, la Russie et l'OTAN

Aymeric Chauprade
Je vous avais présenté Aymeric Chauprade dans un précédent message, à propos de son livre sur le Choc des Civilisations, qui traite notamment du 11 Septembre.

Voici une interview de ce Monsieur, après ses entretiens avec la Douma, au cours desquels ils ont notamment parlé de la relation entre la Russie et l'Europe.

La fin de cette vidéo fait écho à mon court article sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.



23 mars 2010

Dispute sur le Sel et le Fer (3)



LE TRAVAIL
ET LE SAVOIR-FAIRE


La fortune des villes.
LE GRAND SECRÉTAIRE. - Si les villes de Zhuo dans la principauté de Yan, Handan à Zhao, Wen à Wei, Ying à Han et Linzi à Ts'i, les cités de Wan et les deux Tchao à Sanchuan sont les plus opulentes et les plus renommées des capitales provinciales de l'Empire, ce n'est pas que leurs alentours soient particulièrement bien mis en valeur, mais c'est qu'elles sont situées à la croisée des chemins, et commandent les routes qui relient les grandes métropoles. La population s'accroît là où abondent les richesses, les familles prospèrent là où se trouvent les marchés. La richesse ne dépend pas du travail, mais du savoir-faire. La fortune d'une ville tient plus à sa position géographique qu'à son ardeur aux travaux agricoles.

L'épargne et le travail.
LES LETTRÉS. - Tchao et Tchongshan, situées au cœur du bassin du fleuve Jaune, sont au centre du réseau routier et commandent tous les axes de communication de l'Empire. Les marchands s'y croisent dans les avenues et les princes feudataires s'y rencontrent dans les venelles. Mais les habitants ne s'intéressent qu'aux futilités. Ils sont fastueux et n'ont cure des activités essentielles, si bien que les champs sont à l'abandon. Les hommes et les femmes sont frivoles et coquets ; ils n'ont même pas un panier de grains de réserve, mais n'en continuent pas moins à s'égosiller et à gratter de la guitare dans leur logis. C'est pourquoi il y a tant de pauvres et si peu de riches à Tch'ou et à Tchao. Par contre, dans les pays de Song, Wei, Han et Liang, où l'on sait l'importance des activités fondamentales et où l'on s'adonne à l'agriculture, il n'est pas, même dans le menu peuple, de famille qui ne soit prospère ni d'homme qui n'ait le nécessaire.

L’économie, et non la situation géographique, procure le bien-être. L’épargne et le travail sont dispensateurs de richesses, et non des officiers ou des instructeurs chargés de surveiller les paysans.

L'univers fait circuler les biens.
LE GRAND SECRÉTAIRE. - D'après la théorie des Cinq Éléments, le bois est l'élément de l'est, mais on trouve des monts riches en cuivre à Dan Zhang. Au sud correspond le feu, mais dans le pays des Vietnamiens coulent des rivières larges comme des océans. A l'ouest correspond le métal, toutefois c'est dans les provinces de Shu et de Long que poussent les forêts qui fournissent le bois de construction le plus réputé. Au nord correspond l'eau, et pourtant à Youdu s'étendent des déserts de sable. C'est ainsi que l'univers lui-même corrige les excès dans l'un et l'autre sens en répartissant et en faisant circuler les biens.

De nos jours, les bambous sont si touffus clans les régions de Wu et de Yue et les forêts si vastes à Sui et à Tang que leur exploitation dépasse largement les besoins locaux. Par contre, à Cao, à Wei, à Liang et à Song, on en est réduit à laisser les morts sans cercueils. Les poissons du fleuve Bleu et des grands lacs, les poissons-globes des régions de Lai et de Huang sont si nombreux qu'ils excèdent de loin la consommation de ces provinces, tandis qu'à Zou, à Lou, à Zhou et à Han, on ne mange que des légumes. Si le peuple est démuni quand les ressources de l'univers sont inépuisables et quand les monts et les mers recèlent d'immenses trésors, c'est la mauvaise répartition des richesses et leur circulation défectueuse qu'il faut incriminer.

Le tournis des produits exotiques.
LES LETTRÉS. - Jadis, les poutres des habitations étaient mal équarries, les toits étaient de chaume non taillé. On portait des habits de toile grossière et on mangeait dans des écuelles de terre. On fondait le métal pour forger des houes et on pétrissait la terre pour modeler des récipients. Les artisans ne s'essayaient pas à fabriquer des objets artistiques ou ingénieux. On n'appréciait pas les choses qui ne servaient à rien. Chacun se contentait de son chez-soi et des mœurs les plus simples. On trouvait succulente sa nourriture et commodes ses ustensiles. On n'éprouvait nul besoin d'échanger des produits exotiques ni d'acheter des jades de Kunshan.

De nos jours, les mœurs se sont déréglées, nos contemporains rivalisent de luxe et de dissipation. Les femmes tissent des toiles arachnéennes et les artisans sont d'une habileté diabolique. On n'apprécie plus que ce qui est délicat et contourné, on a la rage de sculpter les matériaux bruts ; on éventre les montagnes pour extraire des métaux précieux ; on plonge dans des gouffres sans fond pour dérober les perles ; on creuse des fosses pour prendre aux rhinocéros leurs cornes, aux éléphants leur ivoire ; on tend des filets pour arracher leurs plumes aux martins-pêcheurs. Les produits achetés aux sauvages étourdissent la Chine. Les richesses de Gong et de Zuo sont acheminées jusqu'à la côte est et on échange des marchandises à des milliers de kilomètres. Bref, on perd son temps et sa peine en de vains trafics. Aussi les hommes et les femmes du peuple n'ont-ils plus le cœur à l'ouvrage et les biens de première nécessité, nourriture et vêtements, viennent-ils à manquer. Un monarque avisé interdit les bénéfices excessifs, il restreint les dépenses somptuaires, de sorte que ses sujets retournent aux activités productives. Alors, les vivants ont de quoi vivre et les morts peuvent reposer dans des cercueils.

Nécessité du profit.
LE GRAND SECRÉTAIRE. - Jadis, il y avait une stricte réglementation de la taille des palais et de la somptuosité des parures et des équipages. Mais les textes sont muets sur les toits de chaume ou la décoration des poutres. Certes, le sage évite le luxe excessif, mais il stigmatise la parcimonie car elle conduit à l'étroitesse d'esprit. Jadis, Sun-shu Ao exerçait la charge de Premier ministre de Tch'ou. Sa femme ne portait pas de vêtements de soie et ses chevaux ne mangeaient pas d'avoine. Confucius exprima sa réprobation en ces termes : « Sa conduite n'est pas correcte, tant de parcimonie fait peser une trop lourde contrainte sur les inférieurs. » Le poème du Criquet dénonce les mêmes erreurs. Le Kouan-tseu a dit : « Que faire du bois de construction si les palais ne sont pas ouvragés ? Quadrupèdes et oiseaux pulluleront si les cuisines ne regorgent pas de nourriture. » L'agriculture n'a plus de raison d'être sans la recherche du profit ; et sans robes d'apparat richement brodées, les tisserandes se trouveraient au chômage. Les artisans, négociants, charpentiers et ingénieurs répondent aux besoins de l'État et pourvoient la nation en ustensiles et machines qui lui sont nécessaires. Ils existent depuis toujours et continueront à exister. Confucius dit : « Les artisans demeurent au marché afin de bien faire leur métier. » Marchands et paysans échangent mutuellement leurs produits pour le plus grand bénéfice de l'agriculture et de l'artisanat. Ainsi, les marchandises circulent entre les habitants des montagnes, des marais, des jungles et des déserts afin que les biens soient répartis équitablement. Ceux qui possèdent en abondance un produit ne sont plus les seuls à en bénéficier et ceux qui en manquent n'en pâtissent plus. Si chacun vivait en autarcie, replié sur lui-même, on ne vendrait ni oranges ni mandarines, on n'exploiterait pas le sel de Juyan, on ne verrait sur les marchés ni bannières de laine ni tapis de feutre et les richesses forestières de Wu et de Tang seraient perdues.

Des logements plutôt que des tapis.
LES LETTRÉS. - Mencius a dit: « Si les travaux des champs sont accomplis à leur heure, on récoltera plus de grain qu'on n'en peut consommer ; si le chanvre est cultivé et le ver à soie élevé conformément aux saisons, on tissera plus de toile qu'il n'en faut pour se vêtir ; que sur les montagnes et dans les vallées la hache ne touche pas aux arbres en dehors des époques prescrites, on aura plus de bois qu'on n'en pourra employer ; qu'il soit interdit de chasser et de pêcher en dehors de la période convenable, on aura plus de gibier et de poissons qu'on n'en peut manger. »

Certes, quand on décore maisons et palais avec un luxe effréné, quand on élève des pavillons à étage et des belvédères, quand les charpentiers équarrissent des troncs d'arbres pour qu'on en tire des objets minuscules, sculptant là des nuages, ici des montagnes, il n'est pas surprenant que le bois manque ! On quitte la terre pour s'adonner à des arts futiles. On ne fabrique plus que des objets baroques et chantournés. On grave, on incruste, on reproduit des figures animales ; il semble que l'on se soit fixé pour tâche d'épuiser toutes les formes possibles de la création. Et on s'étonne que le blé manque ! Quand les femmes déploient des prodiges d'habileté pour broder des étoffes d'une infinie délicatesse, il est naturel que la soie vienne à faire défaut. Quand les cuisiniers font fricasser des femelles encore pleines et se livrent à des préparations savantes, combinant toutes les saveurs possibles, il est naturel que la viande et le poisson deviennent rares. Nous ne devons pas déplorer à notre époque, que le nombre des animaux ne cesse de croître ou que les forêts soient sous-exploitées, mais plutôt que l'extravagance et la dissipation ne connaissent plus de frein. Ce n'est pas tant la pénurie d'oranges ou de tapis qui est à craindre, mais plutôt le manque de nourriture et de logements décents.

20 mars 2010

Discours de Robespierre

Marre de la Dispute Chinoise vieille de 2000 ans ? Allez, on fait un p'tit saut dans l'temps (et dans l'espace), et nous voici à la fin XVIIIème siècle, auprès de Robespierre.

Cette vidéo, préparée par Le Mouvement Abstentionniste et Progressiste, retranscrit un discours du célèbre révolutionnaire, lu sur une musique Dub du meilleur effet.

"Les Hommes sont-ils égaux en droit ? Si vous n'avez pas tout fait pour la Liberté, alors vous n'avez rien fait !"





"[...] Et quelle aristocratie ? La plus insupportable de toutes : celle des riches..."

"Quelle est la source de ces extrêmes inégalités des fortunes qui rassemblent toutes les richesses en un petit nombre de mains ? Ne sont-ce pas de mauvaises lois ? Des mauvais gouvernements ?"

"Le peuple a changé de chaînes, et non de destinée"

A propos de la conspiration :
"Et... A qui faut-il imputer ces maux ? A nous même !!"



Quelle lucidité dans ses propos ! Ils résonnent jusqu'à notre époque ; ils justifient à eux seuls une nouvelle Révolution.